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15 août 2021

La dentelle du Puy dans les familles et dans la religion

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Reprenons la visite des 1 000 m² du Musée de la Dentelle de Retournac.

La dernière fois, nous avons vu la dentelle au travers des siècles en Europe. Aujourd’hui, nous traversons une salle où plusieurs vitrines nous montrent la dentelle dans les familles et la religion. Les photos ne sont pas top, mais difficile de faire mieux avec les vitres qui protègent tous ces trésors.

De nombreux témoignages écrits de dentelières accompagnent leurs œuvres et leur matériel, ainsi que d’anciennes photos.

 Ces femmes apportaient un salaire d’appoint fluctuant, en fonction du marché. En raison du travail agricole, l’activité avait tendance à se concentrer sur les mois creux de l’hiver. La dentelle était payée à la pièce, sa rémunération variant considérablement selon la complexité des modèles et le temps consacré à l’ouvrage.

En 1910, une dentelière gagnait entre 25 et 130 € par mois (montants ramenés en valeur 2008). A la suite de la crise de 1929 et de la dévaluation monétaire de 1931, les salaires se sont effondrés et de moins en moins de jeunes femmes se sont formées à la dentelle, préférant travailler en usine lorsque c’était possible. Pour beaucoup, la dentelle faite à temps perdu offre un peu d’argent liquide pour l’achat d’un chapeau, d’une paire de chaussures ou du café et sucre pour le mois. En 1943, sur le secteur de Retournac, le revenu moyen d’une dentellière est de seulement 15 € par mois.

Plus anciennement, les dentelières étaient  payées au tour de carte, une plaquette en bois, souvent travaillée. Bien entendu, plus elles faisaient de tours, plus elles perdaient en rémunération…

 

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La Haute-Loire est alors le haut lieu de l’activité. La seconde section, ethnographique, retrace le quotidien des dentellières à domicile. Une collection comprenant, carreaux, chauffe-pieds, éclairage à la bouteille, plioir ou les bobinettes, épingles de toutes sortes, fuseaux, échantillons de dentelle, sont ainsi présentés au visiteur.

 

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Les offrandes de dentelles étaient courantes et pouvaient être destinées à l’ornementation de l’autel dans l’église de la paroisse ou dans une de se chapelles. Les dentelières travaillaient parfois à la création d’un manteau ou d’un devant d’autel pour la vierge Marie.

 Les côtés des carreaux, dits « zaouta » en patois (joues) ; étaient souvent ornés d’images pieuses, broderies, clinquants métalliques cousus et recouverts d’un film en celluloïd ou corne.

Les personnes qui portaient la coiffe étaient appelées des béates. C’étaient des femmes pieuses ayant prononcé des vœux et fait le choix du célibat. Mises en place au XVII° siècle, cette congrégation dite des « Demoiselles de l’instruction » est spécifique à la région du Velay. Les béates avaient en charge l’éducation morale et religieuse des enfants et des jeunes filles. Bien qu’elles n’aient pas eu pour rôle l’apprentissage de la dentelle, certaines ont assisté au besoin des dentellières qui se réunissaient dans la maison d’assemblée. A partir de 1880, avec les lois Jules Ferry, les béates ont été remplacées par les instituteurs et les maisons d’assemblées souvent transformées en écoles laïques.

 

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Le trousseau était la principale dot de la jeune fille. Il était constitué de draps ; taies d’oreillers, chemises, culotes, une couverture piquée, une couverture en laine, un édredon, des torchons, mouchoirs, nappes, serviettes de toilette. L’argent de la dentelle permettait aux ouvrières d’acheter la toile nécessaire à la confection de leur trousseau. De ce fait, la machine à coudre était une acquisition coûteuse mais importante pour les femmes.

 

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Pour préserver la blancheur du fils, au début du XX° siècle, Jacques Cottier, fabriquant à Craponne-sur-Arzon, invente un fuseau évidé, destiné à contenir une bobine. Ces fuseaux resteront peu utilisés, car plus chers et plus fragiles que les traditionnels, certaines dentelières ne s’habituant pas à leur forme.

Les bobines de fuseaux sont fabriquées à partir du bois de houx (arbuste au bois solide et léger), de cerisier, d'acajou, d'ivoire, d'os, d'écaille de tortue, etc. Traditionnellement, la poignée des fuseaux a une forme de quille pour mieux l'attraper avec les mains.

 

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Ici se termine la visite de la deuxième salle du musée de la dentelle de Retournac, qui met à l’honneur toutes ces petites mains anonymes.

 La prochaine fois, nous visiterons le grand atelier, si vous le voulez bien.

Bisous, à très vite

 

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Commentaires
M
J'ai porté encore ici une grande attention à ton texte pour comprendre le cheminement des travaux des dentelières ; ce qui me frappe c'est le peu de gains apporté par un travail si précieux, et souvent effectué l'hiver, comme tu le mentionnes, période où la luminosité n'est pas la meilleure, surtout dans ces fermes aux fenêtres si étroites pour conserver la chaleur de la flamme ; alors combien d'ouvrières acharnées ont mis leurs yeux en péril pour si peu ?! Par contre ces donations religieuses me perturbent davantage, la religion prenait le pas sur la famille parfois et ce n'est pas du tout mon état d'esprit, même si (ou parce que) j'ai trop vu cela dans ma famille !<br /> <br /> Belle fin de journée, bisous.
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N
Merci pour cette suite aussi intérressante que la première, et ces jolies photos anciennes, Bizettes
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J'ai une photo de Maman avec un gros noeud dans les cheveux comme les petites filles avec les soeurs. C'est amusant. Le travail manuel n'est pas souvent rémunéré à sa juste valeur. Et pourtant c'est plus valorisant de produire de belles choses que d'attendre que les actions montent !!! <br /> <br /> Encore un article très intéressant. J'attends la suite. Bisous
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C
De belles salles dans ce musée et merci pour l'historique ! Bises
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D
Très beau reportage...<br /> <br /> Belle journée <br /> <br /> Michèle
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R
Encore une belle lecture aujourd'hui, je ne m'en lasse pas. <br /> <br /> C'est certain que ce travail si minutieux n'était pas payé cher.<br /> <br /> C'était l'époque où la valeur de la dentelle n'était pas reconnue.<br /> <br /> J'ai autour de moi des tantes qui ont fait de la dentelle mais aux aiguilles ou au crochet.je garde précieusement leurs ouvrages.<br /> <br /> Belle journée.
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G
J'ai lu à fond les deux billets ! Merci d'avoir pris tout ce temps pour parler de la dentelle, c'est très intéressant et c'est le genre d'endroit que j'aimerai visiter.<br /> <br /> Bisous et bonne semaine.
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D
Ah le fameux trousseau de jeune fille. Rien de comparable mais à 18 ans avant déménager avec l'homme qui est mon mari aujourd'hui j'ai confectionné des torchons dans de vieux draps blancs en faisant des coutures de couleurs pour l'esthétisme. C'est un bon souvenir. Seulement après 37 ans il ne mène reste plus.... Bon j'en avais fait six seulement.. Bises
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G
Je t'ai suivie avec attention <br /> <br /> J'aime ce travail de qualité <br /> <br /> Ces photos anciennes <br /> <br /> Bravo pour ton article <br /> <br /> @Demain
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