Continuité
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13 septembre 2021

Ciels du lundi 37

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Une nouvelle semaine débute. J'espère que vous allez bien.

Le lundi, c'est le ciel pour Arlette, mais avant de commencer, un grand merci à Brigitte, pour la superbe carte qu'elle a créé pour mon anniversaire. Un magnifique bouquet de roses ! 

 

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Passons maintenant aux ciels de la semaine. Nous avons eu du beau temps, du bleu et du chaud.

 

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En fin de semaine, quelques nuages, et un magnifique lever de soleil qui nous annonçaient un peu de pluie pour le lendemain. Mais cela n'a pas duré, le bleu a fait son grand retour, le week-end, pour mon plus grand plaisir.

 

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Je n'ai pas fait beaucoup de photos, ayant eu une semaine très occupée en rendez-vous, mais l'essentiel est là.

Pelin de bisettes, prenez soin de vous.

 

C

 

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12 septembre 2021

Le Puy en Velay

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Me voici arrivée à la dernière partie de mes vacances. Direction le Puy en Velay.

 

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Je suis partie de bon matin vers ma destination. Je suis passé par Chamalières sur Loire, un joli petit village, petite parenthèse sur ma route.

 

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Chamalières-sur-Loire est une commune du département de la Haute-Loire, 30 km au nord du Puy-en-Velay.

Le village s'est développé le long de la rive droite du fleuve, au pied des monts Miaune et Gerbizon, d'anciens volcans culminant à plus de 1 000 m d'altitude, contre 525 m pour le bourg.

Malgré l'étroitesse de la vallée, l'agriculture, l'arboriculture et même, jadis, la viticulture ont pu connaître un certain essor. Cependant, c'est l'établissement d'un monastère bénédictin au Xe qui va dynamiser le site. Les revenus des moines leur permettent ensuite d'ériger aux XIe et XIIe siècles une église romane remarquable, formant avec les bâtiments conventuels qui le jouxtent un prieuré réputé. L'église abritant des reliques, Chamalières devient alors un lieu de pèlerinage. Fortifié durant la guerre de Cent Ans, l'ensemble est malmené cependant durant les guerres de Religion, au XVIe siècle. Mais l'église et son cloître sont épargnés.

Si les moines ont disparu, l'édifice constitue l'attrait majeur de la localité. Ce patrimoine et l'environnement naturel qui l'entoure font de Chamalières-sur-Loire (environ 504 habitants) une étape intéressante, voire un lieu de séjour pour les touristes amateurs d'histoire et de paysages préservés.

 N’ayant pas eu le temps de m’arrêter, j’ai pris des photos sur le Net. Mais si j’ai l’opportunité de retourner dans ce département, je m’y attarderai, c’est sûr.

 

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Quelques minutes plus tard, j’étais arrivée à destination.

 

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Voici le parcours de ce premier billet :

 

Présentation1

 

En rentrant en ville, j’ai pris quelques photos, dont un joli bâtiment, l’immeuble de la verveine. C’est un ancien cinéma aménagé en espace muséographique et de dégustation, agrémenté d'une salle de projection où découvrir en images l'histoire de la Verveine du Velay Pagès qui a fêtée ses 150 ans en 2009. Le bâtiment est splendide, mais je n’ai pas trouvé utile de le visiter, n’aimant pas ces alcools.

 

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Puis je suis passée devant la préfecture et la tour Pannessac.

 

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Les évêques du Puy, comtes du Velay, fortifièrent leur ville par une double enceinte, l'une entourant la ville, l'autre dite "enceinte du cloître" protégeant la cathédrale et le palais épiscopal. La tour Pannessac fait partie de la première enceinte construite au 13e siècle. Ici avec deux de mes photos et deux autres la représentant avant.

 

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J’ai trouvé un parking proche des lieux que je voulais visiter, place Carnot, où se trouvait, en 1934, le marché aux bestiaux, la foire aux bovins, le marché aux ovins.

 

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Juste à côté de l’église Saint Julien

 

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C'est la seule église gothique du Puy en Velay. Son chœur abrite le gisant du connétable Bertrand Du Guesclin. L’église est construite en 1221 puis agrandie au 14ème siècle. Elle possède un très beau portail de style flamboyant. Une fois à l’intérieur, on est surpris par sa nef d’une belle ampleur. Ses magnifiques vitraux du 19ème siècle et 20ème ont été habilement restaurés. Très belles boiseries (chaires, stalles...) et un bel orgue inauguré en décembre 1882

Au 18ème siècle, par manque d'entretien, l'église menace de s'écouler. Des contreforts sont construits puis au 20ème siècle des câbles sont tendus entre les piliers. Malheureusement, l'église ferme en 1971. Elle est ouverte à nouveau au public à Noël 1988.

 

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De là, je pouvais voir les édifices que j’allais visiter, et entreprendre la montée vers la cathédrale.

 

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Commençons à arpenter les rues afin de nous rendre à la cathédrale. Ca grimpe pas mal...

 

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Arrivée en bas de la cathédrale, on est de suite dans le bain. C’est la ville de la dentelle ! Et ici elle s’affiche de partout.

 

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Le Puy-en-Velay est un joyau au cœur de la région Auvergne Rhône-Alpes. C’est aussi la capitale européenne des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

Point de départ de la « Via podiensis » vers St-Jacques de Compostelle et de la Régordane, le Puy-en-Velay est avant tout un site exceptionnel.

 Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, la Voie du Puy est certainement la voie du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle la plus empruntée par les pèlerins. Appelée également Via Podiensis, elle fait partie des 4 chemins principaux qui traversent la France et qui convergent vers l’Espagne.

 

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Le Puy-en-Velay, départ du chemin de Régordane, 240km de sentiers, afin de rejoindre Saint-Gilles-du-Gard le long du chemin de Régordane. Chemin de marchands et de muletiers, le GR700 était aussi un chemin de pèlerins se rendant au Puy-en-Velay vers la Vierge noire.

 À croire que Le Puy-en-Velay fait se rencontrer de nombreux grands itinéraires de randonnée pédestre. Départ du mythique chemin vers Saint-Jacques de Compostelle, l’agglomération du Puy-en-Velay est un véritable carrefour pour les marcheurs.

 Sa célèbre Via Podiensis est empruntée par des milliers de pèlerins chaque année et le chemin de Régordane s’élance lui aussi des hauts plateaux volcaniques du Puy-en-Velay. Parcourir le chemin de Régordane, c’est partir à l’assaut de 3 départements : la Haute-Loire, la Lozère et le Gard, véritables paradis du randonneur.

 Au pays des volcans, en Gévaudan, entre Cévennes et Méditerranée, le chemin de Régordane est une voie millénaire de pèlerinage et d’échanges. Admirer ses paysages, découvrir ses récits historiques, fouler ses tracés…

 Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ou pèlerinage de Compostelle est un pèlerinage catholique dont le but est d'atteindre le tombeau attribué à l'apôtre saint Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). C'est un « Chemin semé de nombreuses démonstrations de ferveur, de pénitence, d'hospitalité, d'art et de culture, qui nous parle de manière éloquente des racines spirituelles du Vieux Continent ».

 Créé et instauré après la découverte des reliques de Jacques de Zébédée au début du IXe siècle, le pèlerinage de Compostelle devient à partir du XIème siècle un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale. Mais c'est seulement après la prise de Grenade en 1492, sous le règne de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle la Catholique, que le pape Alexandre VI déclare officiellement Saint-Jacques-de-Compostelle lieu d'un des « trois grands pèlerinages de la Chrétienté », avec ceux de Jérusalem et de Rome.

 Depuis la fin du XXème siècle, l'interprétation du sanctuaire catholique subit une évolution doctrinale : le mot tombeau est disparu des discours des derniers papes depuis Jean-Paul II : Jean-Paul II parlant du mémorial de saint Jacques sans utiliser le mot reliques et Benoît XVI disant simplement que la cathédrale Saint-Jacques-de-Compostelle « est liée à la mémoire de saint Jacques ».

 Les chemins de Compostelle, qui correspondent à plusieurs itinéraires en Espagne et en France, ont été déclarés en 1987 « Premier itinéraire culturel » par le Conseil de l'Europe. Depuis 2013, les chemins de Compostelle attirent plus de 200 000 pèlerins chaque année, avec un taux de croissance de plus de 10 % par an. Les pèlerins viennent essentiellement à pied et souvent de villes proches demandant peu de jours de marche pour atteindre Santiago. Le Camino francés rassemble les 2/3 des marcheurs mais les autres chemins mineurs connaissent une croissance de leur fréquentation supérieure au chemin traditionnel. Les mois d'été sont les plus fréquentés par les pèlerins et les pèlerins espagnols y sont majoritaires (les pèlerins d'origine étrangère dominent le reste de l'année).

 

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Le Puy-en-Velay, la ville au cœur du volcan, est ville d’Art et d’Histoire.

Préservée des atteintes du temps, cette ville de 20 500 habitants réserve bien des surprises aux visiteurs. Il fait bon découvrir l’étonnante la Chapelle St-Michel d’Aiguilhe, la Cathédrale (inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO tout comme les chemins de St-Jacques), son cloître du XIIe siècle, son musée d’art religieux et le Rocher Corneille et la Statue Notre-Dame de France.

Tout l’environnement de la haute ville est compris dans un secteur sauvegardé de 35 ha où sont protégés les éléments architecturaux des anciennes demeures, ornées de tourelles, de portes sculptées et de fenêtres à meneaux.

Pour l'heure, c’est au pied de la cathédrale que je vous laisse pour aujourd’hui.

 

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Bien entendu, la visite n’est pas terminée. Il faudra revenir ici pour la continuer.

 

En attendant, plein de bisettes

 

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10 septembre 2021

Brioude – Hôtel de la dentelle

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Je vous ai fait visiter Brioude au travers de deux billets. Toutefois, il me reste à vous montrer, au cœur de la vieille ville, un bel hôtel particulier des XVème et XVIIIème siècles, caractérisé par de larges baies romanes et, à l’intérieur, par une peinture murale du XVIème siècle, ayant appartenu aux Chanoines - Comtes de Brioude, et qui abrite l'hôtel de la dentelle.

 

 La façade sur rue, le mur intérieur recouvert d'une peinture représentant l'Annonciation sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 25 avril 19631.

 

 

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Cet hôtel héberge l'association qui prit son nom. Fondée dans les années 1980 à l'initiative d'Odette Arpin. Cette association vise à mettre en avant un savoir-faire traditionnel local devenu un art, la dentelle des pays du Puy. Quatre des Meilleures Ouvrières de France y animent des cours et assurent la pérennité de la dentelle dite « de Cluny » en créant des modèles contemporains remarquables. L'ensemble des techniques mises en œuvre dans la création et la réalisation de ces nouveaux modèles constitue « le Cluny de Brioude » », un style de dentelle contemporaine en couleur.

 C’est l’Académie du point d’esprit ! Une référence, un tour de main particulier décliné dans un stage spécial qui rend accessible ce point tant redouté.

Le point d’esprit est tissé par-dessus la dentelle pour rester en relief.

 

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Sur 4 niveaux, on pénètre dans l’univers de la dentelle aux fuseaux. On prend plaisir à découvrir ses multiples facettes, et les trésors exposés- du passé proche jusqu’à 150 ans en arrière grâce à la collection du Conservatoire des Textiles Anciens (CATHLAV). L’Atelier est visible et une vidéo de 15 minutes retrace la fabrication des dentelles de couleur, l’évolution historique, la technique, de cet espace de vie et de travail consacré à la beauté du geste.

Avant de vous emmener à l’intérieur, je tiens à vous préciser que vous ne verrez pas tout ce que j’ai pu découvrir. En effet, les photos y sont interdites.

On entre par la boutique qui propose non seulement des créations mais aussi le nécessaire de la dentellerie.

On monte directement au quatrième étage. Ici, j’ai quand même pu vous ramener des images de jolis trésors qu’on y trouve. Des dentelles, cartons, catalogues de magasins, de représentants, planches de modèles, aunes, demi-aune, bobinoirs, dévidoirs, piquoirs, carreaux, fuseaux, « piquaïres », chaleils (petites lampes à huile), delhi (dentelle), une collection de plioirs allant du 17ème au 20ème siècle, du petit mobilier de dentellier, divers écheveaux, bobines et autres textiles, des matériaux de passementerie…

 

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Après avoir visionné un film d’une quinzaine de minutes, expliquant l’origine et le but de cet hôtel, on descend vers les étages inférieurs.

 On découvre d’abord, derrière une vitre, un atelier de création, parce que l’hôtel de la dentelle est aussi un centre d'enseignement qui propose des stages et des formations diplômantes. D’ici sont sorties quatre meilleures ouvrières de France, depuis la création de l’association. Même si les photos ne sont pas permises, Internet est une bonne source d’approvisionnement…

 

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On y trouve des salles d'exposition, où l'on peut contempler des œuvres aussi bien du passé de plus de 150 ans que des œuvres contemporaines.

Les nombreuses dentelles exceptionnelles présentées rendent compte de la diversité de la production traditionnelle de la dentelle du Puy (cols, robes, dessus d’autel, …) mais également du caractère véritablement européen de cet artisanat qui englobe différentes techniques (crochet, aiguille, fuseaux) et divers styles (Alençon, Bayeux, Valenciennes, Milan, Cluny, Bruges, Bruxelles…).

 Les matériels exposés (carreaux, bobinoirs, fuseaux, plioirs.) permettent quant à eux, de mesurer l'importance économique qu'a toujours représenté cette activité pour le département de la Haute-Loire, et d'aborder de grands thèmes comme la dentelle en tant que marqueur social, les politiques précoces d’import / export, les échanges commerciaux avec l’Europe et les Amériques, la révolution industrielle, la décolonisation, etc...

 Il comprend des dentelles exécutées dans une optique de recherche, des collections d'usage, dédiées aux arts de la table ou destinées à la Haute Couture et aux accessoires du vêtement.

Les dernières créations sont surtout décoratives.

Entre photos du Net, et quelques-unes quand même volées quand on ne me regardait pas, celles que j’ai prises du film que j’ai visionné, voici la suite de la visite :

 Ici, on travaille la couleur et les formes en relief, tout en respectant ce fameux point de Cluny. Des fleurs naissent sous les fuseaux, des rubis, des saphirs aussi.

 

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Une œuvre particulière y a sa place. Un grand saumon (parce qu’à Brioude, il y a la maison du saumon – que je n’ai pas visitée, par manque d’intérêt -, un musée/aquarium. La raison en est que l’Allier, qui longe Brioude, peut ponctuellement jouer le rôle de zones refuges pour les saumons. Ce poisson a été réalisé autour d’un moule.

 

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La couleur s’ajuste pour parer des vêtements ou des accessoires. Le blanc se fait tableaux, comme le portrait de Lafayette. Les fuseaux se font artistes et créatifs, comme ce projet de Tour Eiffel qui verra bientôt le jour, n’étant, pour le moment, qu'un plan sur le papier.

C’est aussi un conservatoire des arts textiles. En effet, au sous-sol des centaines, voire des milliers de pièces anciennes sont rangées, répertoriées pour la plupart, même s’il en reste encore qui ne le sont pas.

 

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Dans la salle du rez-de-chaussée se trouvent de magnifiques robes anciennes ou de grands couturiers, avec divers accessoires.

En 1996, le Cluny polychrome de Brioude fut consacré par le monde de la Haute Couture. Sous l’œil d’Oscar de la Renta et de John Galiano, un échantillon créé ici devint un bustier complet pour la maison Balmain. Mille deux cents heures de travail ! Il fut édité deux fois. Un pour les USA, l’autre est parti en Arabie Saoudite. D’autres couturiers, notamment la maison Dior ont demandé des croquis. Odette Arpin a alors dessiné des modèles de galons, un haut délicat de robe de baptême pour la dentellière italienne Rosa Alba.

 Toutefois, la dentelle du Puy revenant excessivement cher, les grands couturiers n’ont pas persisté dans leurs demandes.

 

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On poursuit la visite par une petite cour, au bout de laquelle se trouve une petite salle où se trouve la copie de la fameuse peinture murale du XVIème siècle dont je vous ai parlé au début.

 

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Quelques images du Net pour finir ce billet et vous exposer une dernière fois le point de Cluny.

 

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C’est vraiment un bel endroit. L’ambiance est différente de celle de Retournac. Même si des pièces anciennes se font la part belle, on accède à une évolution artistique de cette dentelle. On est déjà dans le haut de gamme, avec des créations sophistiquées et colorées, le volume en prime pour certaines pièces. Tout en partageant le savoir-faire par des formations qualifiées et de qualité, ce lieux accueille aussi des expositions temporaires.

 

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Un dernier coup d’œil à la façade, avant de quitter les lieux, la tête dans les nuages, d’avoir vu tant de beautés.

Même si j’ai pu faire peu de photos, j’espère que vous aurez compris qu’à Brioude, on passe à un autre stade de la création des dentelles aux fuseaux. Ce n’est plus la production à grande échelle pour le quidam. On monte en gamme, on est dans le luxe.

 Mais je vais vous surprendre ! Il y a encore mieux ! Plus travaillé, plus haut de gamme ! Je vous en parlerai quand nous serons au Puy en Velay…

 En attendant, il reste des choses à visiter en ma présence. D’ici là, je vous fais de gros poutous. A très vite pour la suite.

 

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8 septembre 2021

Brioude 2

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Coucou tout le monde, comment ça va ? Mine de rien mes quelques jours passés en Haute-Loire, se prolongent en billets. Comme quoi, en peu de temps, on peut voir de nombreuses choses

Aujourd’hui, je vous ramène à Brioude pour la suite de la balade.

 Juste à côté de la basilique Saint Julien se trouvent les anciennes halles aux grain de Brioude.

 

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Suite à l’écroulement de la Halle aux blés (1860), une nouvelle Halle aux grains voit le jour en 1887. Elle servira durant de longues années de marché couvert mais aussi de lieu d'animation. En 1992, cette même Halle aux Grains est entièrement rénovée et transformée en salle de spectacle.

La Halle aux Grains, accueille différentes initiatives culturelles, avec, en face l’office de tourisme.

 

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Lorsqu’on se promène dans la ville, on tombe sur nombre d’échoppes anciennes, de jolis bâtiments. Je vous laisse juger :

 

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Là, on passe devant la Maison de Mandrin où le contrebandier célèbre fit son coup de main sur l’entrepôt royal des tabacs en 1754, qui participe également aux évènements artistiques brivadois.

La maison se compose de deux bâtiments communiquant intérieurement. Le plus premier a été construit au début du XVIème siècle, à la place de la tour flanquant une des portes de l'enceinte claustrale du XIIème siècle. La maison, s'élevant sur deux étages, comporte plusieurs fenêtres dont une baie triple à encadrement gothique. A l'intérieur, une grande pièce voûtée d'ogives avec des clés de voûte en plâtre portant les armoiries d'un chanoine de la famille de Langeac. La maison comprend une autre pièce voûtée d'ogives, ainsi qu'une salle couverte d'un plafond à la française. Au premier étage, une chambre a été dotée au XVIIème siècle d'un décor de boiseries, cheminée, trumeau en stuc. Au XIXème siècle, lors de la construction d'une maison à l'emplacement de la cour de la maison, cette dernière fut rattachée au petit bâtiment accolé à l'ouest. L'édifice, sur deux niveaux, présente une façade à encorbellement en briques et pans de bois avec des consoles ornées de sculptures atlantes réalisées vers 1940.

Louis Mandarin (1725-1755), dit Bonne Humeur, n’a jamais vécu dans cette maison, mais il y négociait du tabac, avec le responsable de l’entrepôt, en 1754, et qu’il dévalisa, en la seule journée du 26 Août. Par contre, en raison de la popularité de ce chevaleresque contrebandier, à la tête d’une armée de plus de 200 hommes, l’ensemble, des bâtiments, du XVIème siècle, est inscrit au Monuments Historiques, depuis 2003. Cette maison est désormais, propriété municipale et est gérée, depuis 1990, en tant que galerie d’art et propose des expositions d’arts plastiques, de peintures et des mini-concerts. C’est également, un centre culturel avec la société savante de l’Almanach de Brioude qui y tient de réunions d’étude sur l’histoire.

Elle fut construite entre le XIIème et le XVIème siècle.

On peut notamment observer, de l’extérieur, la façade à encorbellement en briques et pans de bois, la porte de la Ganivelle et des fenêtres à baie triple à encadrement gothique, et à l’intérieur, une pièce voûtée d’ogives portant encore des armoiries (pour l’intérieur, photos du Net).

 

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Un peu plus loin, L’ancien hôtel Gueffier de Talairat, du XVIIème siècle.

Rien n'est connu des origines de cet hôtel dont la construction ne doit pas remonter au-delà de la fin du 16e siècle. Une grille ferme la cour intérieure dont deux tours et une tourelle en encorbellement marquent l'entrée. Une porte sous fronton s'y remarque, avec menuiserie à la décoration sculptée. Composition dissymétrique de la décoration de la porte. Tympan sculpté aux armes des barons de Talayrat. La porte d'accès à la cour intérieure a reçu une ornementation différente. Trois étages de panneaux supportent un panneau à colonnettes formant judas.

Au premier étage subsistent des portes Louis XV avec mouluration et ferrures, mais on ne peut les voir, le bâtiment étant privé. Le salon de façade a été réalisé selon la mode Empire avec des colonnes cannelées corinthiennes supportant entablements et corniches de stucs bleus et blancs.

 

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Poursuivons notre visite, qui, en fait, tourne autour de la basilique.

 

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On découvre les maisons Canoniales, anciens hôtels particuliers des chanoines de Brioude et les maisons à pans de bois, procédé de construction d’usage général au Moyen Age. Le pan de bois naturellement présent dans le centre de la ville est un élément caractéristique de l’architecture des XIV° et XV° siècles. La plupart de ces maisons relèvent une survivance, au cours du XVI° siècle, de l’esprit médiéval. A cette époque, la plupart des maisons devaient être construites en pans e bois. Par sa souplesse d’utilisation, le bois assure toute l’ossature d’une construction comme il peut n’en constituer qu’une partie, une façade arrière, un étage, un pignon.

 

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Je termine ici la visite de Brioude.

Il me reste juste un endroit à vous montrer, le but de ma visite…

Mais ce sera pour la prochaine fois !

 

Bisettes

 

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6 septembre 2021

Ciels du lundi 36

CIELS SEMAINE 36 (1)

 

Pour ce début de semaine, commençons encore une fois, par les ciels du lundi pour Arlette.

Nous avons eu du bleu, des nuages blancs, du chaud, mais avec des nuits plus fraîches. Et, très peu de couleurs au lever du soleil.

 

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L'été est toujours là !

 

Bisous tout plein

 

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5 septembre 2021

Brioude

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La dernière fois, je vous ai laissé(e)s à La Chaise Dieu. J’avais prévu d’y passer la journée, mais comme je n’ai pas pu accéder à tous les monuments, j’avais fini ma visite à midi.

Je n’avais pas envie de rentrer si tôt à la chambre d’hôtes, du coup, j’ai pris la destination de Brioude, ville d’art et d’histoire, où on trouve des bâtiments anciens, de qualité et valorisés qui donnent tout son charme et son caractère à la cité.

 

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J’ai déjà visité la ville il y a quelques années, mais il me restait des choses à voir.

Brioude se trouve sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

Tout d’abord, je suis passée devant le Doyonné, espace d’Art Moderne et Contemporain. Comme la Basilique Saint-Julien, phare de la cité, ou les maisons canoniales qui structurent un centre ancien préservé, Le Doyenné, propriété de la Ville, recèle une qualité patrimoniale emblématique du riche passé historique de Brioude.

 

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Son plafond armorié est classé Monument Historique, peintures murales.

Bâti en 1165, il a plusieurs vies derrière lui. Logement du Doyen, banque ou encore bibliothèque municipale, il a connu plusieurs affectations et traversé, non sans en récolter quelques lourds stigmates, les siècles. Conséquence : en raison de faiblesses structurelles et de son état dégradé, il a longtemps été fermé au public.

Plus qu’une nécessité, le rénover était un devoir au regard de son intérêt patrimonial et de son emplacement stratégique au cœur de la cité.

Après plus de dix-huit mois d’un chantier aussi exigeant que spectaculaire et rendu possible par l’engagement de nombreuses collectivités, le Doyenné, nouvelle ère, a revu le jour en juillet 2018.

Dans la lignée esthétique de la création des vitraux de la Basilique, le Doyenné marie, lui aussi, harmonieusement l’ancien et le nouveau.

Aujourd’hui, espace d’art moderne et contemporain, Il se compose, sur 600 m², de 5 salles. A l’image de la première, Chagall du coq à l’âne, il a vocation à accueillir chaque année des expositions évènements, uniques en Auvergne.

Sauvegardé et valorisé, Le Doyenné met le patrimoine au service de l’art – et réciproquement - et d’une culture partagée et rassembleuse grâce à des tarifs très abordables.

Je ne suis pas rentrée à l’intérieur, d’une part parce que je n’avais pas de pass sanitaire, d’autre part, parce que le but de ma visite était tout autre. Avançons donc plus loin.

 Nous arrivons à la basilique Saint Julien.

Cette basilique, plus vaste église d’Auvergne, est construite sur l’axe de pèlerinage Clermont/Cahors qui mène à St Jacques de Compostelle. La Basilique romane St Julien de Brioude a été construite au XIe et XIIe siècle par les chanoines comtes en hommage au martyr St Julien, dont le tombeau repose sous la basilique.

De nombreuses découvertes sont à faire dans l’un des fleurons d’art roman de Haute-Loire : pierres polychromes (grès rouge, grès calcaire, basalte, granulite, marbres gris et rose) qui ornent toute la nef, les chapiteaux des plus diversifiés et les peintures murales magnifiquement conservées du XIIe et XIIIe siècle.

Les 37 vitraux de la basilique, beaucoup plus contemporains car datant de 2008, apportent une luminosité particulière et originale pour un tel lieu.

 

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Saint-Julien de Brioude est le fruit du métissage des traditions architecturales aquitaines, "auvergnates" et "vellaves"(ancienne province du Velay). Naturellement, le foisonnement sculpté peut rappeler la Bourgogne (comme le souligne l'ancienne historiographie) mais il évoque surtout l'attachement de la terre auvergnate à la grande aquitaine.

Les solutions architecturales de Brioude montrent l'influence du Puy en Velay et évoque les solutions architecturales de l'Empire romain "germanique" qui prendra plus tard le nom de Saint-Empire romain germanique.

Les phases de construction de la basilique sont nombreuses.

Le chantier initial a duré du premier quart du XIIe siècle jusque dans les années 1200.

La tour lanterne du chœur a été construite en dernier. En effet, le chœur a été élevé au-dessus du tombeau de Julien. L'édicule abritant la tombe du martyr aurait été contourné afin de l'englober dans le nouveau dispositif.

Les dernières transformations importantes remontent au XIXe siècle (façade ouest et clocher carré).

 

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L'intérieur de l'église se caractérise par une belle polychromie de pierres grises, rouges, blanches et noires qui proviennent de carrières voisines : le grès rouge vient d'Allevier (Azérat), le grès calcaire de Beaumont, le basalte de La Vergueur (Saint-Just-près-Brioude) et le marbre de Lauriat (Enval).

Ils s'harmonisent avec le pavement, en galets de l'Allier noirs et blancs, aux motifs géométriques d'arabesques.

Le narthex

En pénétrant à l'intérieur de l'édifice, on débouche directement sur le narthex qui est la partie la plus ancienne du monument puisqu'il date de la fin du XIème siècle. Cet ensemble est constitué de monumentaux piliers cruciformes terminés par une voûte d'arêtes qui soutient un étage.

Pour monter à la chapelle Saint-Michel de manière solennelle, on avait fabriqué un escalier montant depuis le collatéral sud. Cet escalier pouvait être en bois comme on le voit encore à Auzon. Il faut prendre conscience que la basilique médiévale était utilisée comme un lieu de prière régulier au Moyen Âge et que les espaces hauts étaient utilisés chaque jour. Pour monter aux chapelles hautes, des escaliers permettaient aux chapelains de célébrer des messes votives. On célébrait particulièrement des messes votives dans la chapelle Saint-Michel.

On pouvait réciter l'office des morts (office surérogatoire) dans cette chapelle. Mais pendant la période moderne cet office était réalisé dans le chœur liturgique sur les stalles de bois du grand chœur.

 

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La Basilique a perdu ses vitraux anciens à la révolution. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que les vitraux commencent à réapparaître dans l'édifice.

En 2004, la ville de Brioude lance un concours international pour la création de nouveaux vitraux pour la basilique Saint-Julien de Brioude. Les lauréats du concours sont les Ateliers Loire à Chartres et l’artiste Kim en Joong. C'est en 2008 qu'a été achevée la mise en place des 37 vitraux contemporains des baies de la nef qui ne possédaient que de simples vitrages

 

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Descendons maintenant dans la crypte qui se trouve sous l’autel, où se trouve le reliquaire de Saint Julien, posé sur un bloc de marbre mouluré qui faisait partie de son tombeau à l’époque carolingienne.

 

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L’orgue de 28 jeux a été construit en 1852-1853. Il fut inauguré le 27 août 1853. Il a trouvé sa place actuelle en 1958. Le buffet d’époque (en sapin, de style néo-roman polychrome à dominante bleu canard) a été détruit lors de son transfert. Depuis 1989, les amis de la Basilique de Brioude participent financièrement à sa restauration plus que nécessaire. L’orgue est classé, depuis 1994, aux Monuments Historiques.

 

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Les trois portes de la façade n'existaient pas au Moyen Âge.

Comme toute cette façade ouest elles ont été interprétées - comme tant de grands édifices français dans le goût néo moyenâgeux du XIXe siècle.

 Le travail de verroterie n'en est pas moins remarquable.

 

 Après cette visite religieuse, je fais une pause. Je vous propose la suite dans un prochain billet où nous parcourrons la ville afin d’aller à ma destination finale.

 

A très vite !

 

 

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3 septembre 2021

La Chaise Dieu

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La dernière fois, je vous ai emmenés visiter l’abbaye de la Chaise Dieu au travers d’un très long billet. C’est tout ce que j’ai pu visiter de l’ensemble des bâtiments abbatiaux qui datent de l’époque mauriste (XVIIe siècle). Pour la suite de la visite, il faut passer par l’office de tourisme, où j’ai été refoulée, n’ayant pas de pass sanitaire. Mais cela ne m'a pas empêchée de m'instruire sur ce que j'ai manqué, afin de le partager avec vous.

De ces bâtiments, seuls les remparts, l’hôtellerie des moines et la maison de l’abbé ont été détruits.

Au XIXe siècle, ils ont été soit privatisés soit utilisés par l’administration.

En 2018, une vaste campagne de réhabilitation a été entreprise par le Conseil Général, la commune, l’État… pour les restaurer et leur attribuer un nouvel usage. Certains restent libres d’accès, la plupart sont intégrés aux circuits payants proposés par le Syndicat mixte du Projet Chaise-Dieu.

Voici une maquette de l’abbaye au début du XVIII :

 

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En jaune sur le plan : lieux religieux

  1. Nef de l’église abbatiale
  2. Chœur des moines avec le tombeau de Clément VI
  3. Danse macabre (XVe siècle)
  4. Jubé
  5. Grand escalier (XVIIIe siècle)
  6. Tour Clémentine
  7. Cloître
  8. Vestibule
  9. Bibliothèque

En rouge sur le plan : les habitations et lieux de vie

  • 10. Maison du cardinal de Rohan
  • 11. Hôtellerie
  • 12. Cuisines et dépendances
  • 13. Réfectoire
  • 14. Dortoirs et cellules (chambres) des moines
  • 15. Infirmerie

En vert sur le plan : Annexes

  • 16. Greniers, granges, écuries, ateliers

En 1790, au moment de fermer l’abbaye désertée, le prieur Pierre Terrasse signe le 20 mars 1790 une Déclaration générale de tous les biens meubles et immeubles du monastère de La Chaise-Dieu qui décrit ainsi le lieu :

Le monastère de La Chaise-Dieu est situé à l’extrémité de la ville à laquelle il a donné naissance. Les bâtiments qui en dépendent consistent :

– en une grande, vaste et belle église dont le frontispice est remarquable par son architecture et un perron à deux plafonds de vingt-quatre marches chacun, formant au premier repos une plateforme superbe qui embrasse toute a largeur dudit frontispice et des deux tours servant de clochers dont il est flanqué ;

– en deux grands corps de logis réunis ensemble et formant un équerre, ayant un pavillon saillant à l’extrémité de chaque aile, et de trois étages. Ces deux bâtiments réunis servent de logement aux religieux. Dans le premier étage de l’un son les chambres d’infirmerie et dans les bas de l’autre est une chapelle domestique où reposent les cendres de M. Soanen, évêque de Senez ; (n° 14 sur le plan)

– en un autre corps de logis destiné aux étrangers, ayant vue d’un côté sur la cour d’entrée et de l’autre sur le cloître aux deux côtés duquel sont le réfectoire à droite et la bibliothèque à gauche. (n° 11)

Dans la principale cour, ornée d’une fontaine en jet d’eau, il y a une boulangerie, une petite tour ronde servant de colombier et un très vaste hangar pour mettre le bois de chauffage et le bois de construction.
Dans l’arrière-cour sont deux bâtiments assez vastes formant des greniers à blé, à foin, à paille, au-dessous des écuries est un magasin pour le bois de travail (n°16). Il y a aussi une tour carrée à six étages appelée la tour de Clément VI (n° 6) parce que c’est Clément VI, religieux et fondateur de la maison, qui l’a faite bâtir, ainsi que l’église. Dans cette tour sont encore entre autres le trésor de l’église et le chartrier de la maison. Il y a encore dans cette arrière-cour un hangar pour mettre les charrettes.

Les cours et les bâtiments occupent une surface de terrain de trois mille six cent toises carrée (une tise équivaut à environ trois mètres carrés) ou, ce qui est la même chose, deux septerées (environ 63 ares). Derrière les murs de la principale cour sont encore trois parterres ayant chacun un petit pavillon. Au midi de cette même cour est le jardin potager d’une septerée et demie, à la suite duquel est un enclos formant un pré de quatre septerées, y compris les allées plantées en arbres de haute futaie au nombre de 435 gros et petits. Ce jardin et enclos sont entourés d’un mur à chaux et à sable.

Voici ce que sont devenus ces lieux.

Du côté du bourg, la place de l'église :

 

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L’entrée de l’église par le grand escalier. À gauche, on voit l’angle de la maison du Cardinal.

Les pèlerins venant prier sur le tombeau de saint Robert et les voyageurs voulant demander l’hospitalité aux moines se retrouvaient sur la place en contrebas de la façade et du grand escalier. La fontaine leur permettait de se désaltérer après une route que l’on imagine fatigante. Celle que nous voyons actuellement date de 1609. Elle servait naturellement aux casadéens.

Le grand escalier

Les bâtiments abbatiaux que l’on voit de cette place datent du début du XVIIIe. L’escalier que l’on emprunte pour accéder à l’église n’est pas du tout celui voulu par Clément VI, qui était droit et simplement de la largeur du portail. Celui-ci date de 1758. Il compte 44 marches. Son aspect théâtral s’harmonise avec les proportions majestueuses de la façade. Construit dans le même matériau, les pierres de taille de granit lui permettent de s’intégrer parfaitement, malgré un écart de 400 ans.

La maison du cardinal, accolée à l'abbaye :

 

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Cette maison qui ne figure pas sur la maquette, est collée à la façade. Elle a été construite très rapidement pour loger le cardinal de Rohan, abbé comandataire exilé par le roi en son abbaye de La Chaise-Dieu après le scandale du collier de la reine en 1786, et que les moines ne voulaient pas recevoir en clôture. Non seulement le mur de l’abbatiale est mitoyen mais un contrefort s’avance dans les pièces. L’intérieur était très élégant, avec des parquets marquetés, aujourd’hui disparus.

Aujourd’hui, cette maison abrite les bureaux du Festival de musique.

Le porcheLe porche qui suit donnait sans doute accès à une halle. Les pilastres qui subsistent supportaient des voûtes. L’escalier de mauvaise facture qui a été rajouté permet d’arriver dans le cloître par une simple percée, sans porte.

Le bureau de l’office du tourisme est au sommet de cet escalier couvert, ainsi que la boutique du Syndicat mixte du Projet Chaise-Dieu. C’est de là que commencent les visites payantes du site.

L'église abbatiale

Selon la règle de Saint-Benoît que la communauté des moines de La Chaise-Dieu suivait, les moines se retrouvaient sept fois par jour et une fois dans la nuit dans l’église abbatiale afin de chanter l’office divin. Ils arrivaient et sortaient de l’église par le collatéral sud et le vestibule où ils mettaient et enlevaient leurs coules, c’est-à-dire leur habit de chœur.

Du vestibule, en fonction de l’heure de la journée, ils regagnaient soit le dortoir (n° 14) au deuxième étage de l’aile appelée aujourd’hui de l’Écho, en empruntant les grands escaliers (n°5) à leur gauche, soit le réfectoire (n°13) en sortant dans le cloître (n°7), soit leurs différents offices dont la bibliothèque (n°9) qui est au dessus du cloître et par laquelle on arrive en empruntant le grand escalier (n°5).

Les bâtiments de l’abbaye sont distribués autour de trois grandes « cours » : le cloître, la cour des greniers, aujourd’hui place La Fayette, et la place de l’Écho.

Le cloître

 

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Le cloître est le centre du monastère. Celui de La Chaise-Dieu n’a plus que deux côtés : au nord, donnant accès à l’église et à l’ouest, longeant l’hôtellerie. Il faut imaginer le côté sud longeant le réfectoire et le côté est donnant accès aux dortoirs et cellules. Ils ont été détruits d’abord par un incendie peu avant la Révolution, puis par simple vandalisme au cours du XIXe. Construit au XVe et achevés par l’abbé Jacques de Saint-Nectaire au XVIe, ce cloître remplace l’ancien cloître roman voulu par saint Robert.

Dans l’angle sud-ouest, on voit l’emplacement du lavabo qui servait aux ablutions des moines avant d’entrer au réfectoire dont on aperçoit la porte. Juste à l’entrée de ce réfectoire, les pierres des cheminées des cuisines sont encore visibles. Le réfectoire lui-même est devenu, au XIXe siècle, une chapelle : la chapelle des Pénitents.

 

La chapelle des Pénitents

 

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La chapelle des Pénitents à la fin des travaux de restauration en 2008

La chapelle des Pénitents occupe le côté sud du cloître. L’ancien réfectoire des moines a été construit sous l’abbatiat de l’abbé Jacques de Saint-Nectaire dont on voit les armes sur les clés de voûte. Il a été converti en chapelle au XIXe à l’usage de la confrérie des Pénitents blancs. Sur la tribune, sont exposés des symboles de la passion du Christ, utilisés chaque Vendredi Saint par les Pénitents pour la cérémonie de la Passion. Aujourd’hui, la chapelle des Pénitents sert d’église paroissiale l’hiver car elle est plus facile à chauffer que l’abbatiale. Elle a été restaurée en 2007-2008. Un chemin de croix peint par Robert Falcucci orne les murs de la chapelle.

La bibliothèque

 

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La bibliothèque des moines en 2010, à l’époque où elle était la « salle du Trésor » de l’abbaye.

Vaste salle gothique au-dessus de la galerie nord du cloître, la bibliothèque compte cinq fenêtres avec un pupitre en pierre sous chacune de ces fenêtres. De 2001 à 2014, les Amis de l’abbatiale ont pu y exposer le Trésor de l’abbaye.

Aujourd’hui, cette pièce n’est pas encore visible.

L’hôtellerie

« Tous les hôtes qui arrivent seront reçus comme le Christ » Règle de saint Benoît

Pour accueillir leurs hôtes, les bâtiments de l’aile ouest étaient réservés à l’hôtellerie et aux cuisines

Au XIXe, cette aile ouest a servi d’école et de mairie. La mairie a quitté le lieu au début des travaux de restauration, bien après l’école.

Aujourd’hui, elle abrite au rez-de-chaussée les salles casadéennes, lieu d’expositions gratuites, au premier le bureau d’information touristique, la boutique du Syndicat mixte Projet Chaise-Dieu, la « loge du pape Clément VI », première étape du circuit de visite du Syndicat mixte installée dans les anciennes cuisines du monastère. Ce premier étage est de plain-pied avec le cloître.

Au second ont été aménagés les bureaux du Syndicat mixte et les loges des artistes du Festival.

La place La Fayette

 

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 Autrefois « cour des greniers des moines », cette cour, dans laquelle nous pénétrons est aujourd’hui appelée place La Fayette, du nom de Gilbert Motier, seigneur de La Fayette, compagnon de Jeanne d’Arc qui s’illustra pendant la guerre de Cent Ans. Le roi Charles VII le fit maréchal de France. Il mourut en 1463 et fut enterré dans l’abbatiale de La Chaise-Dieu. Une plaque murale à gauche de l’autel de la Vierge du jubé rappelle cette sépulture. C’est un ancêtre du célèbre marquis.

Au nord de la place, dans les bâtiments assez simples du XVIIIe qui servaient de granges un auditorium a été aménagé. Les travaux ont été conduit par Stefan Manciulescu, architecte en chef des Monuments Historiques. Cet auditorium a été inauguré en juin 2010 et a reçu le nom d’Auditorium Cziffra en mémoire du célèbre pianiste à l’origine du Festival de Musique. L’Académie de musique de La Chaise-Dieu et le Festival y donnent des concerts et de nombreuses activités s’y déroulent tout au long de l’année pour la plus grande joie des Casadéens.

Façade de l’auditorium

La salle de l’écho

 

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Au sud, dans l’aile des dortoirs, se trouve la fameuse salle de l’écho à l’acoustique si particulière. Elle est intégrée dans le circuit des visites du Syndicat mixte Projet Chaise-Dieu.

La tour Clémentine

 

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À l’ouest de la place, se trouvent le chevet de l’église et la tour Clémentine.

La construction de cette tour est postérieure à celle de l’église. Elle a été achevée par le pape Grégoire XI, neveu de Clément VI, à la fin du XIVe. On trouve les armes des deux papes sur la façade. Il ne s’agit pas d’un donjon, pas plus que l’abbaye n’est une forteresse ; mais son caractère défensif est évident. Les moines s’y réfugièrent quand l’abbaye fut envahie et saccagée par les Huguenots en 1562 et purent résister plusieurs jours grâce au puits et au four aménagés dans ce qui est aujourd’hui la sacristie au rez-de-chaussée. La tour compte trois autres salles, une à chaque étage. Ces salles ne sont pas aménagées et sont accessibles par un étroit escalier en colimaçon. Enfin, un chemin de ronde couvert couronne l’ensemble. C’est la copie d’une des tours du Palais des Papes d’Avignon.

Chevet de l’abbatiale avec la tour Clémentine

La rue de l’aumône

Dans le prolongement des granges, la rue qui rejoint le centre du bourg s’appelle « rue de l’aumône ». C’est un rappel de la tradition de charité qui régnait à l’abbaye. Là, le frère en charge de la charité, l’aumônier, accueillait les pauvres qui se présentaient chaque jour à la porte qui fermait la rue et leur distribuait du pain.

Ce parcours permet d’admirer les contreforts de l’église (il n’y a pas d’arc-boutants) et la hauteur exceptionnelle des fenêtres qui laissent entrer la lumière dans l’église.

La porte du For

Les moines vivaient en clôture, à l’écart du monde. Il reste peu de traces des murs et des tourelles qui entouraient l’abbaye. Ne subsiste qu’une des portes d’entrée, celle dite du For 4, par laquelle entraient les marchandises livrées dans la cour où se trouvaient les granges et les étables.

La place de l’Écho

 

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Les anciens dortoirs des moines

Les deux bâtiments qui forment un L ont été reconstruits au XVIIe siècle par les mauristes et abritaient les dortoirs des moines et l’infirmerie aux XVIIe et XVIIe siècles. Le plan de l’abbaye de 1643 montre que la place n’existait pas. Au centre se trouvait l’infirmerie et sa chapelle, dont des fouilles en 2004-2005 ont retrouvé les fondations. Il y avait également les cellules des moines robertiens qui refusaient d’intégrer la Congrégation Saint-Maur pour rester fidèles à la règle bénédictine telle qu’elle était vécue à La Chaise-Dieu. Ce qui est représenté comme des remparts sur la maquette était encore des granges et des écuries.

Aujourd’hui, le bâtiment ouest est divisé en plusieurs habitations privées. C’est là que se trouve le Prieuré des frères de Saint-Jean.

Le bâtiment au nord a été entièrement restauré. Au rez-de-chaussée, la chapelle grégorienne existant sur les plans a été retrouvée. En effet, une fois détruites les modifications apportées par les propriétaires pour transformer les lieux en maisons individuelles, il est apparu que les voûtes existaient toujours, certaines avec leur décor. Restauré, cet espace abrite aujourd’hui les tapisseries de chœur dans des conditions optimales de lumière et d’humidité. Dans la deuxième partie du bâtiment, après le porche, se trouve le fac-simile de la danse macabre et la salle de l’écho.

 

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J'ai quand même visité la ville qui offre quelques jolies curiosités et de bien jolies anciennes échoppes. Je vous montre.

 

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En plein été, plein de champignons des bois...

 

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Voilà, j'en ai fini avec la Chaise Dieu. En espérant que cela vous aura plu, même si je n'ai pas pu tout vous montrer.

A bientôt pour la suite. Eh oui, je n'ai pas fini avec le résumé de mes vacances... Du moins si vous voulez bien continuer à me suivre.

 

Je vous fais de gros bisous.

 

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1 septembre 2021

La Chaise Dieu - L'abbatiale

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Aujourd’hui, je vous propose de vous emmener vers une autre visite que j’ai effectuée durant mes vacances, La Chaise Dieu. Toutefois, je tiens à vous prévenir par avance que n'ayant pas trouvé où couper mon billet, celui-ci va être très looooong !

 C’est une commune française, située dans le département de la Haute-Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes, à quarante minutes de là où je m'étais posée.

 

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 Elle est célèbre pour l'architecture gothique de son abbaye. Un premier monastère est construit à partir de 1048, sous l'autorité de Robert de Turlande, en remplacement d'un ermitage datant de 1043. Le bâtiment est retravaillé de 1344 à 1350, pour aboutir à l'abbaye actuelle, à la demande de Pierre Roger de Beaufort (Clément VI), pape à Avignon, ancien moine dans les lieux.

 

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À l'intérieur de l'abbatiale se trouvent une fresque sur le thème de la danse macabre, une suite de douze tapisseries dont celle de L'Apparition du Christ à Marie-Madeleine, un orgue du XVIIe siècle et un jubé partageant le chœur en deux parties, l'une réservée aux moines et l'autre au peuple, 144 stalles. À l'extérieur, on peut voir le cloître, la chapelle des pénitents, les bâtiments conventuels autour de la place de l'Écho et de la place Lafayette, la Salle de l'écho et la ville médiévale.

Quand je suis arrivée à la cathédrale, j’ai ri de ce magasin qui proposait des blousons. Très bonne idée, même en été, car ce jour-là, à près de mille mètres d’altitude, il faisait douze degrés à dix heures du matin… Quel été !

 

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Saint Robert fut le fondateur de cette abbaye. Son père était le vicomte de Carlat et portait le nom de Seigneur de Turlande. Etant le cadet de la famille, il fut envoyé à Brioude pour devenir chamoine. En 1026, il fut ordonné prêtre. C'est en allant se confier à Notre-Dame du Puy, en 1043, que son ami Étienne découvre le plateau qui deviendra le lieu où ils s’établiront. Ils commencèrent par ériger une chapelle.

 

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Ils avaient coutume de donner aux nécessiteux tout ce qu’ils avaient et ils ne se réservaient rien pour leurs propres nécessités, mais les donnaient à ceux qui leur demandaient quelque soulagement. Après dix ans d’une telle vie, voyant l’affluence des personnes désireuses de l’imiter dans sa vie avec le Christ, Robert entreprend de construire un monastère. Les premiers bienfaiteurs sont les Turlande, les Mercœur, le comte d’Auvergne et son épouse Philippa de Gévaudan, entre autres. Quand il se lance dans cette nouvelle aventure, Robert a environ 50 ans.

Dès 1052, il obtient des privilèges de la part du pape Léon IX et du roi de France Henri Ier pour son abbaye qui devient une abbaye royale. Le Pape comme le roi et l’évêque d’Auvergne accordent en outre des droits sur des terres et des églises afin de pourvoir à la nourriture des moines.

Pour que la vie commune soit harmonieuse, ils choisirent de suivre la règle de saint Benoît et choisirent de servir Dieu en se vêtissant du froc d’un pauvre moine bénédictin, et vécurent  au rythme des offices qui ponctuent la journée et alternent temps de prière, temps de travail, temps de repos.

 

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 Pendant environ quinze ans, jusqu’à sa mort, Robert va arpenter le Massif Central pour restaurer des églises et monastères et en fonder d’autres. créa un système d’entraide entre tous ces monastères ou prieurés, les uns fournissant le blé quand d’autres produisaient l’huile ou le vin.

L’abbaye de La Chaise-Dieu devient très vite la deuxième abbaye après Cluny en Europe.

 Au milieu de tant d’activité, Robert n’aspirait cependant qu’à une chose : retrouver son Seigneur et jouir de sa présence. Il eut connaissance par une grâce divine du jour de sa mort le vendredi avant les Rameaux. Il redoubla de ferveur et prépara ses frères.

Il mourut le 17 avril 1067 selon la Gallia Christiana, en 1068 selon Dom Tiollier et d’autres auteurs.

À sa mort, « le bilanne laissait pas d’être impressionnant : une abbaye déjà célèbre, riche de vocations sinon de grands biens, sept importants prieurés parmi lesquels un vrai monastère, le Port-Dieu, et six « celles »auxquelles s’ajoutait le monastère des religieuses de Comps. Quant aux petits prieurés, ils étaient déjà nombreux : 27 en Livradois, 5 dans le reste de l’Auvergne, 1 en Limousin, 1 en Agenais, 1 en Lyonnais et 1 en Vivarais ».

Sa tombe se trouvait au seuil de son église abbatiale. Aujourd’hui sa pierre tombale est au niveau du jubé.

 

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Le jubé est cette construction en pierre qui divise l’église en deux parties bien distinctes. Jusqu’au concile de Trente (1545-1562) la quasi-totalité des églises en avait un. Avec le concile de Trente et la dévotion de plus en plus grande au Saint-Sacrement, les jubés ont été détruits. Si celui de La Chaise-Dieu existe toujours, il a connu de nombreuses modifications. Des encoches dans les piles montrent qu’à l’origine, il était beaucoup plus haut. Il a été abaissé au XVIIe pour permettre à l’orgue d’être mieux entendu du chœur. On peut voir les armes du cardinal Serroni sur la porte. Les balustrades à gauche et à droite ne sont pas en pierre mais en bois.

Un crucifix, daté de 1603, œuvre d’un moine de La Chaise-Dieu le surplombe encadré par des statues du XVe représentant la Vierge Marie et l’apôtre saint Jean.

Devant le jubé, à droite, se trouve l’autel de Saint-Robert surmonté d’un tableau sur lequel la Vierge Marie confie au saint son bâton d’abbé. Devant, la pierre tombale d’origine de saint Robert est simplement marquée d’une croix. Le trou dans la pierre permettait aux pèlerins de toucher les reliques du saint.

 

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L'orgue a la particularité d'être composé de deux buffets construits séparément et de styles différents.

En 1683 ont été réalisés la tribune et le petit buffet considéré à présent comme le buffet du positif. Le facteur en est inconnu. La tribune, située au-dessus de l'entrée principale et supportée par quatre atlantes occupe toute la largeur de la nef. Elle ainsi que sa balustrade et le buffet d'orgue de même origine sont richement sculptés. Cet ensemble avait été commandé par un abbé commendataire de La Chaise-Dieu. Mais l'orgue n'a pas été terminé.

Les travaux furent repris en 1726 par un facteur qui installa un nouvel instrument dans un buffet acheté d'occasion et installé derrière le premier et constituant ainsi le Grand Orgue. Ce buffet est moins travaillé que le premier, et d'un style différent.

Peu utilisé après la Révolution, au cours de laquelle, à tout le moins, les buffets n'ont pas été trop vandalisés, l'instrument se dégrade petit à petit, et différents projets de restauration n'aboutissent pas jusqu'à l'intervention en 1966 de György Cziffra qui fonde le festival de musique de la Chaise Dieu, permettant la renaissance de l'intérêt pour l'orgue. Celui-ci est classé aux Monuments Historiques en 1970, restauré une première fois dans les années 1970 et de façon plus aboutie dans les années 1990.

Il possède à présent 40 jeux sur quatre claviers manuels et pédalier à la française, configuration de l'instrument de Marin Carouge, les transmissions sont mécaniques, et le vent assuré par quatre soufflets cunéiformes.

Cet orgue est très adapté à interprétation de la musique française du Grand Siècle, ayant d'ailleurs servi pour de nombreux enregistrements par des organistes de renom.

 

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Après le jubé, on arrive dans la nef.

Au-dessus des 144 stalles de bois (qui accueillaient les chanoines), se trouvait une fresque sur le thème de la danse macabre, une suite de quatorze tapisseries flamandes, soit quatre-vingt mètres linéaires où se déroulent les scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Elles ont été réalisées au début du XVIe siècle en fils de laine, lin, soie et fils métalliques. Commandées par l’Abbé de Saint-Nectaire en 1501, elles étaient initialement destinées à une accroche événementielle, lors de temps liturgiques. Accroché en permanence dans l’église abbatiale dès 1927. Cet ensemble a souffert de l’humidité, de l’exposition à la lumière, de l’empoussièrement et de l’effondrement de sa structure.  

Je me suis rendue en ces lieux afin de les voir, mais je n'ai pas pu y accéder, n'ayant pas de pass sanitaire. J'étais fortement déçue. Voici donc une photo du Net, à défaut des miennes... Sur un des murs de l'entrée de l'abbaye, j'ai  pu les voir en format papier, ce qui ne remplace, évidemment pas les vraies...

 

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En mai 2013, elles sont parties en restauration dans les ateliers Chevalier à Colombes (Hauts-de-Seine). Cette intervention minutieuse permet aujourd’hui la mise en valeur d’un trésor qui existait mais qui n’était pas visible.

Quatre étapes de restauration :
-   phase préparatoire : retrait des galons teintés avant nettoyage, dérestauration, tests de résistance au nettoyage
-   phase de nettoyage : par vaporisation d’eau sur table réservée à cet effet
-   phase de restauration : consolidation des tapisseries par l’apport de tissus de support et l’application de différents points de couture de fils mercerisés
-   phase de doublage des tapisseries, afin qu’elles puissent à nouveau être accrochées.

La redécouverte de la chapelle du Collège par Richard Goulois offre l’opportunité d’un espace parfaitement adapté au ré-accrochage des 14 tapisseries. Restauré dans un esprit de lisibilité de l’existant, le lieu allie interventions contemporaines et conditions optimales de conservation et de valorisation de l’œuvre textile.

Afin de livrer un bâti à l’atmosphère stable, l’architecte a engagé un dialogue constant avec les restauratrices pour déterminer chaque point précis de conservation préventive. Depuis le 11 juillet 2019, le nouvel accrochage à hauteur d’homme et l’éclairage subtil des tapisseries permettent aux visiteurs d’apprécier les détails de chaque scène, des visages aux costumes, de la botanique à l’architecture, du message moral à l’anecdote.

Le montant de la restauration s'élève à 300 000 € (part État : 50%) - Durée de l’intervention : 6 ans - Temps passé : 4 600 heures !

 

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Aujourd'hui, dans la nef, il ne reste donc plus que les stalles, fort belles au demeurant. Au centre, on peut voir le Gisant du pape Clément VI.

Pierre Roger est né à Rosiers d’Egletons (diocèse de Tulle) en 1292 d’une famille de petite noblesse. Il est le fils de Guillaume Roger, châtelain du château de Rosiers en Limousin et de Marie du Chambon.

En 1305, à l’âge de 10 ans, il devient novice à la Chaise-Dieu. Destiné à la vie monastique, il est surtout remarqué par sa prodigieuse mémoire, ses facilités d’expression et la justesse de son jugement. L’abbé de La Chaise-Dieu, Hugues d’Arc, l’envoie étudier à la Sorbonne en 1307, alors qu’il n’a encore que 15 ans.

Il y fait des études de philosophie, de théologie et sans doute de droit. Il est fait docteur en théologie en 1323 avant d’avoir achevé le curriculum complet. Ordonné prêtre, il se fait remarquer pour ses talents oratoires. Nommé Proviseur à la Sorbonne, il y enseigne jusqu’en 1327.

En 1327, il quitte l’Université et commence une carrière épiscopale : évêque d’Arras, puis de Sens, enfin archevêque de Rouen, il est nommé cardinal en 1338. Parallèlement, il exerce des fonctions de Garde des Sceaux et de Président de la Cour des Comptes auprès du roi Philippe VI de Valois.

Élu Pape en 1342 en Avignon, il prend le nom de Clément VI. Il entreprend la reconstruction de l’abbatiale afin d’y être inhumé. Il meurt après un pontificat de dix ans. L’abbatiale est presque terminée et il y est enterré en avril 1352.

Le tombeau de marbre noir était à l’origine entouré de quarante-six statuettes, personnages en albâtre représentant des parents du pape Clément VI. Ce socle supporte un gisant de marbre blanc. Le tombeau a été sculpté par Pierre Boye en Avignon de 1346 à 1351. Pierre Boye appartenant à l’atelier de Jean Pépin de Huy, travaillait avec Jean de Soignoles et Jean David pour le pape Clément VI.

Le souverain pontife est représenté avec ses habits sacerdotaux : aube, étole, chasuble et coiffé de la tiare, cette triple couronne que les papes ont portés jusqu’à Paul VI. De nombreuses significations sont données à cette coiffe dont celle-ci :

  • terrestre : il est le chef des États pontificaux
  • religieux : il est le premier des évêques, successeur de l’apôtre Pierre
  • « expert en humanité ».

Ses pieds reposent sur deux lions à l’origine dorés, symboles de son autorité.

Un texte conservé aux Archives vaticanes a permis de dresser la liste des personnages entourant le pape. Ces quarante-six personnages étaient répartis seuls ou en groupe dans des niches sur le soubassement du tombeau et six statues en ronde-bosse étaient sur la table supérieure autour du gisant. En 1562, lors de l’attaque des Huguenots, le tombeau fut profané, le gisant et les statues brisés. Les mauristes ont pu reconstituer le gisant mais il ne reste que cinq fragments des statuettes. L’un, retrouvé lors de travaux dans le cloître, était présenté à La Chaise-Dieu par les Amis de l’abbatiale dans la salle du Trésor aujourd’hui fermée. Un second est conservé dans collection privée. Ces deux fragments complètent les trois autres conservés au Musée Crozatier.

 

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En sortant de la nef, par le côté droit, on tombe sur "La danse macabre" du XVe siècle.

La mort était particulièrement présente au XVe siècle. Les pestes et les guerres (guerre de Cent Ans) décimaient la population qui allait, en Europe, être réduite de moitié entre 1350 et 1450. L’Église faisait de la préparation à la mort un sujet de réflexion très important. L’art de cette époque en porte la marque, qu’il s’agisse des poèmes (François Villon), des jeux scéniques dans les églises, des peintures et sculptures.

Le thème de la danse macabre, illustré pour la première fois au cimetière des Saints-Innocents à Paris au début du XVe siècle, vise à montrer l’égalité de tous devant la mort et son inexorabilité. Il est illustré par des personnages squelettiques entraînant vers la mort des vivants, puissants de ce monde ou hommes du peuple, religieux ou laïcs.

A La Chaise-Dieu, les morts ne sont pas des squelettes, mais plutôt des transis avec la peau sur les os ; les morts dansent et se livrent à de nombreuses facéties. Les vivants, au nombre de 24 sont répartis en 3 panneaux, les puissants, les bourgeois et le peuple. Entre eux, peints sur des piliers, se retrouvent des personnages expliquant le thème : Adam et Ève sur le premier, un prédicateur sur le premier et le dernier. En-dessous un espace était réservé à un texte, message catéchétique ou poème.

La peinture s’étend sur 3 panneaux et 4 piliers.

On a longtemps hésité pour affirmer que l’œuvre sur les panneaux et celle sur les piliers était du même artiste. La référence commune à la fresque du cimetière des Saints-Innocents et l’observation précise des pigments permettent de l’assurer, mais cet artiste reste inconnu.

Le caractère inachevé est évident, même si certains pensent qu’il n’y a que dégradation. Didier Legrand qui fut le dernier restaurateur de la fresque se demande au contraire si l’artiste ne l’a pas voulu dans cet état d’inachèvement.

L’œuvre est difficile à dater avec précision. La plupart des vêtements sont contemporains de Jeanne d’Arc ; il est donc possible que les panneaux aient été réalisé autour de 1450, ce qui ferait de cette fresque la plus ancienne Danse macabre retrouvée en Europe. Par contre, même si les pigments sont les mêmes, il semble que la peinture sur les piliers soit plus tardive, vers 1490. En effet, l’étude récente faite par Madame Laurence Riviale, Maître de Conférence en histoire de l’art à l’Université de Clermont-Ferrand II, et présentée au colloque organisé par le Réseau des sites casadéens en juillet 2011, montre que les transis que l’on devine sur les piliers seraient inspirés par le Dit du Mors de la Pomme et non par le poème de la fresque du cimetière parisien des Saints-Innocents, source de notre fresque.

Des retouches, plus tardives, ont été faites : d’une part, il est difficile d’expliquer la présence d’une vielle à roue sur un bâti en forme de luth : ils étaient plats au XVe siècle et cette forme ronde n’est apparue qu’un siècle plus tard ; d’autre part, certains personnages ont été retouchés au fusain, avec des traits plus gras.

L’œuvre, à l’extérieur du chœur, était destinée aux pèlerins, plutôt qu’aux moines. L’artiste a fait montre d’une élégance et d’une vivacité dans le dessin tout à fait remarquable et qui permet de le comparer à des artistes du XXe siècle. Les personnages peins dans les danses macabres suivent un ordre assez conventionnel, révélateur des hiérarchies sociales de l'époque, avec une alternance de religieux et de laïcs et une quasi-absence de femmes. A la Chaise Dieu, en alternance avec les vivants, la mort est représentée non par un squelette, mais comme un "transi", personnage avec de la peau sur les os.

La fresque se lit de gauche à droite.

Le premier panneau représente les puissants ; le deuxième, les bourgeois, et le troisième, le peuple.

 

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Dans le collatéral nord, sous la fresque de la Danse macabre, deux tombeaux sont présents. Ils ont subi d'importantes mutilations.

Le premier tombeau, couvert d'un gisant en marbre blanc, représente un abbé mitré et passe pour appartenir à Jean de Chandorat, abbé de la Chaise-Dieu pendant 24 années puis évêque du Puy, décédé en 1356. Un second tombeau, reconstruit au XVIème siècle ou après la révolution avec les fragments d'autres tombeaux se situe au-dessous d'une fresque, elle aussi inachevée, datée du XVème siècle, représentant la Vierge Marie.

Le gisant représente une femme, les mains jointes, la tête reposant sur un coussin parsemé d'écussons aux armes de la famille de Vichy. Une tradition ancienne voulait que ce tombeau soit celui de la reine Edith d'Angleterre. Plus raisonnablement, cette sépulture pourrait être celle de Smaragde de Vichy, mariée à Morinot de Tourzel, seigneur d'Allègre en 1387.

Entre ces deux tombeaux, on découvre un bloc de pierre mesurant, environ, deux mètres de long. Cette pierre, connue sous le nom de « pierre d'exposition », servait à laver puis à exposer le corps des moines décédés. Au fond de ce collatéral, une peinture murale, dont il ne reste que quelques traces, représente le Jugement Dernier. Seuls quelques détails de la gueule du Léviathan qui engloutit les âmes impures, coloré de rouge et de noir, sont perceptibles.

 

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Dans le collatéral sud, on découvre un troisième tombeau dont l'enfeu est composé de médaillons sculptés d'anges musiciens. Cet ensemble est plus connu sous le nom de « tombeau des musiciens ». Bien qu'il n'y ait aucune preuve, il est attribué à Reginald de Montclar, abbé de la Chaise-Dieu de 1342 à 1346. Aux dires de plusieurs chercheurs, ce tombeau aurait été réédifié avec des fragments de deux tombeaux jumeaux. Lors de récents travaux, un gisant, daté du XIVème siècle, représentant un évêque, fut mis au jour.

 

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Dans la maison de Dieu (la Casa dei), la mort est finalement bien plus familière qu'il n'y paraît. Sous les hautes voûtes gothiques, dans la pénombre et un silence monacal, tout semble reposer en paix pour l'éternité.

 

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Ici se termine la visite de l'abbatiale d la Chaise Dieu. Une fois n'est pas coutume, j'ai utilisé diverses photos du Net, les miennes n'étant pas terribles. J'avais tellement froid ce jour-là que j'en tremblais et de nombreux clichés étaient flous...

Nous reviendrons à la Chaise Dieu, pour un billet un peu moins éducatif, et peut-être un peu moins long (merci de votre patience !)...

 En attendant, plein de bisous

 

C

 

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