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La dernière fois, je vous ai laissé(e)s à La Chaise Dieu. J’avais prévu d’y passer la journée, mais comme je n’ai pas pu accéder à tous les monuments, j’avais fini ma visite à midi.

Je n’avais pas envie de rentrer si tôt à la chambre d’hôtes, du coup, j’ai pris la destination de Brioude, ville d’art et d’histoire, où on trouve des bâtiments anciens, de qualité et valorisés qui donnent tout son charme et son caractère à la cité.

 

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J’ai déjà visité la ville il y a quelques années, mais il me restait des choses à voir.

Brioude se trouve sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

Tout d’abord, je suis passée devant le Doyonné, espace d’Art Moderne et Contemporain. Comme la Basilique Saint-Julien, phare de la cité, ou les maisons canoniales qui structurent un centre ancien préservé, Le Doyenné, propriété de la Ville, recèle une qualité patrimoniale emblématique du riche passé historique de Brioude.

 

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Son plafond armorié est classé Monument Historique, peintures murales.

Bâti en 1165, il a plusieurs vies derrière lui. Logement du Doyen, banque ou encore bibliothèque municipale, il a connu plusieurs affectations et traversé, non sans en récolter quelques lourds stigmates, les siècles. Conséquence : en raison de faiblesses structurelles et de son état dégradé, il a longtemps été fermé au public.

Plus qu’une nécessité, le rénover était un devoir au regard de son intérêt patrimonial et de son emplacement stratégique au cœur de la cité.

Après plus de dix-huit mois d’un chantier aussi exigeant que spectaculaire et rendu possible par l’engagement de nombreuses collectivités, le Doyenné, nouvelle ère, a revu le jour en juillet 2018.

Dans la lignée esthétique de la création des vitraux de la Basilique, le Doyenné marie, lui aussi, harmonieusement l’ancien et le nouveau.

Aujourd’hui, espace d’art moderne et contemporain, Il se compose, sur 600 m², de 5 salles. A l’image de la première, Chagall du coq à l’âne, il a vocation à accueillir chaque année des expositions évènements, uniques en Auvergne.

Sauvegardé et valorisé, Le Doyenné met le patrimoine au service de l’art – et réciproquement - et d’une culture partagée et rassembleuse grâce à des tarifs très abordables.

Je ne suis pas rentrée à l’intérieur, d’une part parce que je n’avais pas de pass sanitaire, d’autre part, parce que le but de ma visite était tout autre. Avançons donc plus loin.

 Nous arrivons à la basilique Saint Julien.

Cette basilique, plus vaste église d’Auvergne, est construite sur l’axe de pèlerinage Clermont/Cahors qui mène à St Jacques de Compostelle. La Basilique romane St Julien de Brioude a été construite au XIe et XIIe siècle par les chanoines comtes en hommage au martyr St Julien, dont le tombeau repose sous la basilique.

De nombreuses découvertes sont à faire dans l’un des fleurons d’art roman de Haute-Loire : pierres polychromes (grès rouge, grès calcaire, basalte, granulite, marbres gris et rose) qui ornent toute la nef, les chapiteaux des plus diversifiés et les peintures murales magnifiquement conservées du XIIe et XIIIe siècle.

Les 37 vitraux de la basilique, beaucoup plus contemporains car datant de 2008, apportent une luminosité particulière et originale pour un tel lieu.

 

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Saint-Julien de Brioude est le fruit du métissage des traditions architecturales aquitaines, "auvergnates" et "vellaves"(ancienne province du Velay). Naturellement, le foisonnement sculpté peut rappeler la Bourgogne (comme le souligne l'ancienne historiographie) mais il évoque surtout l'attachement de la terre auvergnate à la grande aquitaine.

Les solutions architecturales de Brioude montrent l'influence du Puy en Velay et évoque les solutions architecturales de l'Empire romain "germanique" qui prendra plus tard le nom de Saint-Empire romain germanique.

Les phases de construction de la basilique sont nombreuses.

Le chantier initial a duré du premier quart du XIIe siècle jusque dans les années 1200.

La tour lanterne du chœur a été construite en dernier. En effet, le chœur a été élevé au-dessus du tombeau de Julien. L'édicule abritant la tombe du martyr aurait été contourné afin de l'englober dans le nouveau dispositif.

Les dernières transformations importantes remontent au XIXe siècle (façade ouest et clocher carré).

 

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L'intérieur de l'église se caractérise par une belle polychromie de pierres grises, rouges, blanches et noires qui proviennent de carrières voisines : le grès rouge vient d'Allevier (Azérat), le grès calcaire de Beaumont, le basalte de La Vergueur (Saint-Just-près-Brioude) et le marbre de Lauriat (Enval).

Ils s'harmonisent avec le pavement, en galets de l'Allier noirs et blancs, aux motifs géométriques d'arabesques.

Le narthex

En pénétrant à l'intérieur de l'édifice, on débouche directement sur le narthex qui est la partie la plus ancienne du monument puisqu'il date de la fin du XIème siècle. Cet ensemble est constitué de monumentaux piliers cruciformes terminés par une voûte d'arêtes qui soutient un étage.

Pour monter à la chapelle Saint-Michel de manière solennelle, on avait fabriqué un escalier montant depuis le collatéral sud. Cet escalier pouvait être en bois comme on le voit encore à Auzon. Il faut prendre conscience que la basilique médiévale était utilisée comme un lieu de prière régulier au Moyen Âge et que les espaces hauts étaient utilisés chaque jour. Pour monter aux chapelles hautes, des escaliers permettaient aux chapelains de célébrer des messes votives. On célébrait particulièrement des messes votives dans la chapelle Saint-Michel.

On pouvait réciter l'office des morts (office surérogatoire) dans cette chapelle. Mais pendant la période moderne cet office était réalisé dans le chœur liturgique sur les stalles de bois du grand chœur.

 

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La Basilique a perdu ses vitraux anciens à la révolution. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que les vitraux commencent à réapparaître dans l'édifice.

En 2004, la ville de Brioude lance un concours international pour la création de nouveaux vitraux pour la basilique Saint-Julien de Brioude. Les lauréats du concours sont les Ateliers Loire à Chartres et l’artiste Kim en Joong. C'est en 2008 qu'a été achevée la mise en place des 37 vitraux contemporains des baies de la nef qui ne possédaient que de simples vitrages

 

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Descendons maintenant dans la crypte qui se trouve sous l’autel, où se trouve le reliquaire de Saint Julien, posé sur un bloc de marbre mouluré qui faisait partie de son tombeau à l’époque carolingienne.

 

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L’orgue de 28 jeux a été construit en 1852-1853. Il fut inauguré le 27 août 1853. Il a trouvé sa place actuelle en 1958. Le buffet d’époque (en sapin, de style néo-roman polychrome à dominante bleu canard) a été détruit lors de son transfert. Depuis 1989, les amis de la Basilique de Brioude participent financièrement à sa restauration plus que nécessaire. L’orgue est classé, depuis 1994, aux Monuments Historiques.

 

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Les trois portes de la façade n'existaient pas au Moyen Âge.

Comme toute cette façade ouest elles ont été interprétées - comme tant de grands édifices français dans le goût néo moyenâgeux du XIXe siècle.

 Le travail de verroterie n'en est pas moins remarquable.

 

 Après cette visite religieuse, je fais une pause. Je vous propose la suite dans un prochain billet où nous parcourrons la ville afin d’aller à ma destination finale.

 

A très vite !

 

 

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